2015 / Galerie Praz Delavallade, Paris

“Thirty Shades of White”, exposition collective du 28 novembre 2015 au 23 janvier 2016

Commissaire d’exposition : René-Julien Praz

Avec Pierre Ardouvin, Romain Barry, Lisa Beck, Oliver Beer, Florian Bézu, Ulla von Brandenburg, Matthew Chambers, Martin Creed, Trisha Donnelly, Thomas Fougeirol, Fernanda Gomes, Julian Hoeber, Shila Khatami, Jiri Kovanda, Rodrigo Matheus, Fabien Mérelle, Julien Nédélec, Camila Oliveira Fairclough, Laurent Pernot, Ana Prvacki, Joe Reihsen, Ry Rocklen, Analia Saban, Yann Sérandour, Florian Schmidt, Sergio Verastegui, Marnie Weber, Lawrence Weiner, Zoe Williams, John Wood & Paul Harrison

Stéphane Mallarmé ne manquait pas de rappeler que «Ecrire, c’est mettre du noir sur du blanc», poétique digression pour évoquer la couleur royale, ce blanc qui trône en majesté, synthèse chromatique de toutes les couleurs. En réfléchissant à l’exposition, de but en blanc j’ai songé à Thirty Shades of White, une invitation au voyage, certes cousue de fil blanc mais qui donne carte blanche à des artistes, dont certains connus comme le loup blanc n’en sont pas pour autant bonnet blanc et blanc bonnet. Chacun use de sa grammaire et d’une esthétique des couleurs dans un parcours personnel faisant appel à leur propre subjectivité ou objectivité des nuances. Cette perception n’est-elle pas une illusion, une résonance, une lumière affective que l’artiste s’efforce d’explorer? «On ne fait pas la lumière, on la reproduit» disait Cézanne. Le blanc a ses exigences, il réfléchit cette lumière que les autres couleurs filtrent; il la disperse par réfraction pour nous émerveiller de toutes les autres. Le blanc éclaire l’art. Malevitch, Opalka, Lewitt, Newman, Twombly, Ryman, Reinhardt, Manzoni, Kelly et bien d’autres ont magistralement usé de cette couleur, symbole de l’unité qui précède la multiplicité, sensation liée aux rites de passage, d’équilibre et de grâce, ce moment suspendu juste avant la disparition, l’effacement, la résignation comme un renoncement, une démission, un deuil.
René-Julien Praz