Né en 1980, Laurent Pernot vit et travaille à Paris. Diplômé de l'Université puis du Fresnoy studio national des arts contemporains, il poursuit depuis un parcours singulier ponctué de résidences et d'expositions en France et à l'étranger. Il enseigne également et collabore occasionnellement dans le domaine des arts vivants.
En privilégiant toutes les formes d'expressions, de la conception d'installations à la production d'images, Laurent Pernot expérimente des processus temporels, poétiques et immersifs.
Ses productions s'articulent de façon récurrente autour des notions de visible et d'invisible, des égarements du temps et de la mémoire, en s'inspirant de l'imaginaire des sciences et de la culture qui hantent l'individu comme la société.
L'identité, la survivance, la précarité et les limites du vivant sont parmi ses thèmes majeurs.
L'exploration du potentiel fictionnel des espaces d'exposition et la relation au spectateur sont également déterminantes pour l'artiste.
Irène Bellier (anthropologue), La Séance (03-5.06.2010) - Extrait
La petite musique d'un trio schubertien remplace un long discours pour évoquer la respiration de la terre et nous situer dans une temporalité sublimant la fragilité de l'individu.
Hubert Charbit, DAAC Grenoble (01.03.2010) - Extrait
On identifie vite, en parcourant ces oeuvres, qu'elles tentent sans cesse, avec obstination, de cerner ce double mystère: celui du surgissement de la présence comme de son évanouissement et de sa réminiscence. (...) L'effet est indéniablement esthétique, mais sans doute plutôt une esthétique du Sublime que du Beau au sens où le plaisir est ici assez proche de celui des songes et de l'angoisse qui s'y joue. (...) De Christian Boltanski à Laurent Pernot, il y a à mon sens une filiation possible.
Harry Bellet, Le Monde (10.01.2009) - Extrait
Né en 1980, Laurent Pernot est une des révélations de la célèbre école du Fresnoy. Une exposition personnelle permet de prendre mesure de la qualité, voire de la sophistication extrême d'un travail déjà très abouti. Des photos, des vidéos, qui prennent pour prétexte la nuit, une obscurité plus provoquée que naturelle, comme en témoigne l'incquiétant titre de son exposition, « Le ciel est devenu noir ».
Louis-José Lestocart, Art Press n°342 (fév. 2008) - Extrait
(...) Ces corps, tour à tour, s'insèrent, s'effacent, en forme de méditation Fleischerienne sur le passage du temps, sa destination, sa mémoire.
Anne Malherbe, Art & You (24.12.2008) - Extrait
Les oeuvres de Laurent Pernot s'élaborent autour d'interrogations qui portent sur les frontières entre le réel, d'une part, l'imaginaire et le néant, de l'autre.
Vanessa Morisset, Comment se réconcilier avec l'univers (2007) - Extrait
Un "crâne revival" (1), une époque propice aux "nécromants" (2), la création actuelle témoigne d’une étrange relation à la mort et au temps. Peut-être parce que « vanitas signifie un état de vide : une sensation atemporelle, qui trouve un écho particulier en cette époque de surconsommation, de frénétique communication »(3)…. Dans le contexte de cette tendance macabre, le travail de Laurent Pernot suggère une toute autre posture, sereine et dédramatisée, face à la finitude.
(1) Emmanuelle Lequeux, « Vanity fair. L’art de crâner en beauté », Beaux-Arts Magazine n°282, décembre 2007, pp. 108-111.
(2) Michel Gauthier « Le Temps des nécromants », Fresh Théorie II, 2006, pp. 175-186
(3) Emmanuelle Lequeux, article cité.
Raphaël Gatel, Quel Sens, catalogue d’exposition, galerie Odile Ouizeman, Paris, 2007 - Extrait
Son travail dresse le portrait d’une identité multiple et morcelée, caractéristique de la fin du culte des images*, dont les manipulations virtuelles soulignent le caractère illusoire.
*Serge Tisseron, L’intimité surexposée, Hachette littératures, 2003
Marie-Thérèse Champesme, Once Upon a Time, Fondation MIRO, Barcelone, 2006 - Extrait
L’univers de Laurent Pernot est peuplé de présences intermittentes, de corps que l’on ne peut saisir puisqu’ils ne sont que des particules de lumière. La projection (vidéo ou diapositives) les rend visibles, faisant alors de nous les témoins émerveillés de leur apparition. Mais à peine sommes-nous touchés par leur présence qu’ils disparaissent à nouveau, rendus à l’obscurité. Ils laissent parfois leur place à d’autres qui, à leur tour, nous interpellent puis disparaissent. Comme le dit Laurent Pernot, «ils clignotent entre la vie et la mort.»